02.04.18

Avis d'Expert

Femmes en TI : Des défis au quotidien

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Bien qu’en constante amélioration, l’industrie des TI et ses acteurs doivent encore travailler à l’intégration et à la représentativité des femmes. En effet, en 2016, selon TechnoCompétences, les femmes ne représentent que 20% des professionnels du milieu des TI à Montréal.  

Dans le but de participer à l’amélioration de l’environnement, KEYRUS a accueilli des personnalités d’exception lors d’un panel autour du thème : « Femmes en TI : des défis à relever ». Marie Gabrielle Ayoub, Co-fondatrice et manager du Wagon Montréal, Cassie L. Rhéaume, Agente de développement chez Concertation Montréal et co-fondatrice de Ladies Learning Code Montréal (aujourd’hui Canada Learning Code), et Camila Albigezi, Analyste BI chez Keyrus ont échangé pendant plus d’une heure. L’événement a été animé par Chloé Freslon, chroniqueuse à La Sphère et sur URelles ainsi que Arnaud Samson, Analyste d’affaires chez Keyrus. 

Voici les principaux enseignements que nous avons retenus de cette rencontre. 

 

L’ÉDUCATION : LA CLÉ DU SUCCÈS 

Lorsque le thème de l’éducation a été abordé, Chloé Freslon a insisté sur le fait que deux types d’éducation doivent être considérés : l’éducation familiale et l’éducation institutionnelle. 

Concernant le premier, Chloé nous a rappelé que les stéréotypes de genre sont transmis de manière plus ou moins consciente, et ce dès la petite enfance. Elle mentionne notamment que les garçons peuvent parfois être poussés à aller explorer alors que les filles seront confinées dans un rôle plus contemplatif valorisant la retenue. Marie-Gabrielle Ayoub a alors souligné qu’offrir une éducation inclusive est indispensable pour opérer des changements sociétaux profonds, et ce tant pour les filles que pour les garçons. Arnaud Samson a rappelé qu’en inculquant aux garçons et aux filles qu’ils sont égaux, le monde du travail s’en trouvera amélioré rapidement : les filles n’auront plus peur de se lancer dans la voie des TI, les garçons ne remettront plus en question leurs habiletés techniques et les compétences seront replacées au centre des entreprises.     

Si aujourd’hui l’enseignement des TI se démocratise auprès des femmes, cela n’a pas toujours été le cas.  Camila Albigezi s'est remémorée : « Ma passion pour l’informatique remonte à loin : j’avais 9-10 ans et j’étais curieuse de comprendre comment mon ordinateur fonctionnait, de l’intérieur. Quand à 15 ans, j’ai décidé de faire des études dans ce secteur, au Brésil, ce n’était pas si simple. Nous étions seulement trois filles dans ma cohorte. Il faut être certaine de son choix, sinon, on peut vite être découragées. On peut se sentir seules. » 

Cassie a tenu à souligner que la route est encore longue : il peut parfois être difficile de sortir de l’image stéréotypée que les collègues masculins se font. Certaines femmes en arrivent même à douter de leurs compétences.

 

PROUVER ET SE PROUVER

Les panélistes s’accordent à dire que légitimer ses compétences est un enjeu de taille pour toutes les femmes de l’industrie. Les nombreux préjugés auxquels elles font encore face (âge, manque de capacités techniques, ou encore une potentielle maternité notamment) ne favorisent pas la valorisation de leurs compétences.  

Camila Albigezi nous a d’ailleurs expliqué comment elle arrive aujourd’hui à communiquer de plus en plus facilement son opinion et son expertise, sans appréhension ou doute : « Aujourd’hui, j’ai assez confiance en moi et en mon expertise pour affirmer mon opinion jusqu’à ce qu'on m'écoute. Mais ça n’a toujours pas été le cas. »   

De belles initiatives se développent à Montréal. Elles donnent aux femmes une exposition nouvelle et permettent de lutter contre cet enjeu de légitimité. Marie-Gabrielle Ayoub, Cassie L. Rhéaume et Chloé Freslon sont d’ailleurs d’excellents exemples.    

La première a co-créé le chapitre montréalais du Wagon visant à démocratiser le code et l’autonomie dans la création de produits web. La deuxième est une agente de développement pour Concertation Montréal et est à l’origine de la création de Ladies Learning code, véritable porte d’entrée vers le code pour les femmes. Enfin, Chloé Freslon, en abordant des sujets d’actualité tels que « Pourquoi les femmes quittent la tech ? » force l’industrie à reconnaître ses travers.

 

LES ALLIÉS : PLUS IMPORTANT QU'ON LE PENSE

Une fois les enjeux identifiés, il est de la responsabilité de chacun d’agir et créer ainsi une société et une industrie égalitaires et inclusives. Les alliés, en l’occurrence les hommes, ont un rôle central.

Cassie L. Rhéaume prenait un exemple simple : « Si une femme exprime son inconfort à un homme dans une situation, elle va être cataloguée comme revendicatrice. Si, à l’inverse, un homme témoin de cette même scène, apostrophe son homologue masculin, la puissance de l’intervention sera décuplée et l’impact beaucoup plus grand. »   

Arnaud Samson a insisté également sur le fait que les hommes doivent déconstruire les stéréotypes sociaux, que ce soit dans l’éducation, mais également en acceptant de se remettre en question au sein de la cellule familiale : « Le fait de pouvoir partager librement les congés parentaux entre les deux parents est une évolution majeure. Pourtant, peu d’hommes en profitent. Il peut y avoir une multitude de raisons, mais il est important que les hommes prennent conscience du rôle qu’ils ont à jouer dans la vie de leurs enfants, et de leurs conjointes. »

 

LE COACHING : L'IMPORTANCE DE TRANSMETTRE

Le dernier aspect abordé par les panélistes est la communication et la transmission des expériences. En effet, en les partageant, en se soutenant et en demandant conseil, chacun et chacune d’entre nous en sortira grandi. Il est important de transmettre au prochain et c’est d’ailleurs dans cette perspective que de nombreux groupes comme le Wagon ou Canada Learning Code ont vu le jour. 

Finalement, les panélistes ont souhaité insister sur l’importance de l’entraide mobilisant tant les femmes que les hommes, mais également les entreprises. Ces dernières, en créant des programmes de mentorat, en soutenant les démarches des employés, et en adoptant des approches inclusives, permettent à tous de se sentir valorisés et donc, de donner le meilleur d'eux-mêmes.

 

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